Morphine – Cure for pain

Cure for pain

Deuxième album du groupe Morphine devenu mythique, Cure for Pain mérite assurément le détour. Sorti en 1993 chez Rykodisc, il offre au style incomparable du groupe de Mark Sandman son plus bel écrin. Gros plan sur un disque passé au rang d’incontournable.

Comment faire confiance à un type pour qui une basse se joue à une corde? Rien de plus simple, il suffit de goûter une fois, rien qu’une fois au son unique proposé par le trio américain Morphine. Exit les compositions classiques, les musiciens de Cambridge se présentent en 1989 avec une basse à une corde, un saxophone et une batterie. Rien à voir avec le rock garage et les prémices du grunge naissant de l’époque pourriez-vous penser. Et pourtant, c’est bien avec cette composition inédite que la bande à Mark Sandman a bel et bien révolutionné la musique contemporaine. Débutant sur son premier album Good, Morphine va véritablement exploser en 1992 aux yeux du grand public sur un album depuis devenu mythique : Cure for pain.

Avant d’être un trio, Morphine tient avant tout par le génie d’un homme, Mark Sandman, frontman aux voix et à la basse. Avec son timbre grave et percutant, celui que Josh Homme considère lui-même comme un modèle s’impose naturellement comme le leader de cette formation. C’est d’ailleurs après sa mort subite survenue le 3 juillet 1999, lors d’un concert donné en Italie que le groupe s’est  définitivement éteint. Malgré tout, Morphine a su marquer son temps grâce à une oeuvre tout bonnement géniale. Au premier rang de celle-ci figure sans conteste Cure for Pain, un album qui n’a toujours pas fini de marquer son époque.

“I think there’s an overreliance on words like smokey, moody and dark to describe us.”

Mark Sandman

Treize titres. Voici tout ce qu’il aura fallu à l’équipe de Sandman pour marquer son époque. Les hostilités sont lancées dès les premières secondes de Buena, deuxième pistes de l’album qui succède à une intro, Dawna, d’une noirceur du meilleur effet. Sur un riff de basse lancinant, la voix du leader de Morphine s’élève en écho à la mélopée obsédante produite par le saxophone de Dana Colley. Inspiré du nom grec du dieu du sommeil et des rêves, le nom donné au trio américain prend bientôt tout son sens à l’écoute de la chanson suivante, intitulée I’m Free Now. Viennent ensuite All Wrong, Candy et A Head With Wings où Morphine s’amuse à pelleter des nuages comme autant de sursauts sur les cuivres de Colley.

In Spite of Me révèle pour sa part la face la plus lumineuse du trio de Sandman. A travers une ballade radieuse, la voix du crooner s’expose, levant le voile sur le talent éclatant des hommes de Cambridge. Mais l’obscurité revient bientôt pour notre plus grand plaisir le long des pistes suivantes. En point d’orgue, Mary Won’t You Call My Name et Let’s Take a Trip Together concluent un album de haute volée où chaque note prend son sens au regard de l’ensemble concocté par l’équipe de Morphine. Du grand art.

C’est sûr, vos voisins vont adorer !